Là où l’aurore brille
Petit papillon commun annonciateur du printemps, qui émerge de sa chrysalide dès mars et qui peut être observé jusqu’en juillet, l’aurore (Anthocharis cardamines) est un lépidoptère de la famille des piéridés, cousine de la bien connue piéride du chou.
Insecte voletant gracieusement, le mâle de cette espèce présente un fort dimorphisme sexuel avec la femelle. En effet, le mâle arbore de magnifiques tâches orangées sur l’apex (le bout) de ses ailes antérieures, se terminant par une légère bande noire. La femelle, quant à elle, garde des couleurs plus discrètes et préfère un blanc quasi-uni, mais partage toutefois avec le mâle la petite bande noire sur l’extrémité des ailes antérieures. On retrouve également chez les deux sexes le dessous des ailes postérieures marbrées de vert.
Comme de nombreuses piérides, la chenille de l’aurore raffole de plantes de la famille des choux, les brassicacées. Les cardamines et alliaires font partis de ces mets favoris, des plantes qui évoluent dans les prairies humides ou autres milieux frais et ombragés. La chenille est discrète dans ses couleurs, avec du vert sur sa face ventrale, une teinte gris/bleu-verdâtre sur sa face dorsale, et un léger blanc sur ses flancs. Une fois que la chenille aura fini son cycle larvaire, elle se nymphosera et n’émergera qu’au printemps suivant. Ce papillon est d’ailleurs univoltin, c’est à dire qu’une seule génération de cette espèce s’envole chaque année. Réparti sur l’ensemble du territoire métropolitain, l’aurore est un papillon qui ne vit à l’état adulte que 2 à 4 semaines, un temps qu’il utilise pour se consacrer à la reproduction.
L’aurore tire son appellation de la période du même nom annonçant le lever du soleil par sa lueur, en référence aux couleurs chaudes et orangées qui habillent les ailes des mâles.
Papillon partageant son déclin avec la majorité des autres insectes, l’aurore est aussi une espèce indicatrice des milieux sains et vivants quand sa présence est constatée. Sensible aux tontes ou fauches répétées, son observation atteste d’une flore s’épanouissant et évoluant librement. Alors rien de mieux pour l’accueillir que d’abandonner un coin de jardin et de laisser la flore s’exprimer. L’aurore vous égayera ainsi de son vol somptueux, symbolisant le renouveau et le réveil du vivant jusqu’alors endormi dans l’ancien froid de l’hiver.