L’aulne, l’arbre qui saigne

Quand on coupe un aulne, le bois est très clair, presque blanc. Mais en quelques minutes, il devient rougeâtre. Nous avons pu l’expérimenter sur le terrain de Mosles, à la suite des trognes effectuées cet hiver.
La raison principale est une oxydation de composés phénoliques et de tanins contenus dans le bois. La coupe met ces molécules en contact avec l’oxygène de l’air, elles s’oxydent et produisent des pigments rouge-brun. La couleur peut ensuite s’atténuer ou brunir avec le séchage.
Ce type de réaction existe avec d’autres essences (pommier, merisier, etc.), mais l’aulne est particulièrement spectaculaire.
La transformation rapide peut donner l’impression que l’arbre saigne, ce qui a nourri bon nombre de superstitions et légendes. Dans plusieurs régions d’Europe (Irlande, Écosse, Allemagne), on évitait de brûler le bois d’aulne dans la maison par peur d’attirer les mauvais esprits ou que la fumée puisse appeler les sorcières. C’est paradoxal, car le bois est en réalité très bon combustible.