Guide de terrain du gardien de forêt
Lors des visites annuelles, les propriétaires peuvent avoir des interrogations sur le contrat, sur la gestion de leur terrain ou sur les pratiques à développer/reprendre. Bien que les gardiens de forêt ne soient pas attendus comme des experts, ils sont des personnes ressources. Dans la mesure du possible, il est donc idéal qu’il puisse répondre à certaines questions, fréquentes, afin d’orienter le propriétaire.
Voilà une video pour vous expliquer comment bien planter un arbre
Lorsque qu’un arbre est planté, il est paillé pour le protéger de la pousse des adventices, garder l’humidité du sol et le nourrir via la décomposition de ce paillage.
Il est essentiel de réapprovisionner le paillage durant les premières années de l’arbre.
Pour le paillage, différentes ressources peuvent être utilisées : de la paille, du foin, des copeaux de bois (BRF), de la tonte de pelouse et même les plantes adventices autour de l’arbre (ortie, gaillet, consoude)
Pour pailler, il suffit de positionner au sol le paillage tout autour de l’arbre, sur une couche d’au moins 20 cm. Il faut néanmoins faire attention à ne pas coller trop près le paillage de l’arbre, en laissant un espace d’environ 5 cm, afin d’éviter tout pourrissement.
(Il est judicieux d’arroser ensuite, afin d’avoir un paillage et un sol humide pour votre plant.)

Après la plantation d’un arbre, ce dernier est généralement entouré d’une protection visant à limiter les dégâts pouvant être causés par différents animaux et permettre une bonne visibilité de l’emplacement.
Danub’ utilise des poches à huîtres comme protections, mais bien d’autres existent. Pour placer correctement une poche à huître, il faut également se prémunir de deux bambous ou tuteurs, deux colsons ou fil de fer et d’une massette.
Plier premièrement la poche dans le sens contraire du pli déjà existant. Enfoncer un premier bambou à une distance pouce-auriculaire de l’arbre. Placer la poche en veillant que la partie haute soit pleinement ouverte (la partie basse se refermant légèrement sur elle-même) et que le premier bambou se place dans une des pliures nouvellement faites. Enfoncer le deuxième bambou en face du premier, avec l’arbre au centre. A la massette, enfoncer davantage les bambous et fixer les finalement à un maillon de la poche à huître, en utilisant un colson ou du fil de fer. Le colson doit être placé juste sous un nœud du bambou.
Après quelques années, des branches peuvent passer à travers des maillons de la poche à huitre. Selon les cas, différentes méthodes peuvent être envisagées pour gérer ces pousses.
Si la branche est encore fine et que les maillons ne sont pas trop étroits, enlever délicatement la branche du maillon peut parfois faire l’affaire.
Si au contraire il n’est pas possible de l’enlever à la main, deux options sont possibles.
-Se munir d’un sécateur et tailler la branche au plus proche du tronc (astuce à privilégier lors des périodes de dormance des arbres, c’est à dire en hiver pour la plupart des essences)
-Se munir d’un sécateur et couper tout autour de la branche les maillons de la poche, afin de créer un espace de développement pour la branche.
Lors de leur croissance, les arbres peuvent être sujets à des frottements avec les bambous ou les poches, créant ainsi des petites blessures. Pour les éviter ou les atténuer, il est possible d’utiliser des morceaux de chambre à air et de les placer autour des zones concernées de l’arbre sans trop serrer pour que l’air puisse circuler. L’année suivante, la chambre à air peut être retirée.
Lorsque qu’un arbre est assez grand, ou un arbuste assez dense, il est possible de lui enlever sa poche de protection, les dégâts pouvant être causés par la faune sauvage étant moindre.
Il est parfois possible d’enlever la protection en la faisant passer par-dessus l’arbre.
Si l’arbre est trop dense, il est possible d’utiliser un sécateur et couper la poche dans le sens de la hauteur.
La poche ainsi coupée peut encore être utilisée, si une autre poche est également coupée de la même manière. Les deux poches peuvent être fixées ensemble avec des colsons ou du fil de fer afin de créer une protection plus grande et espacée.
Lors d’une plantation, il arrive régulièrement que certains sujets ne survivent pas. Les causes peuvent être liées à la sécheresse, à des maladies, à des tailles mal effectuées, une végétation adventive étouffante, …
Les arbres morts sont généralement cassants dès qu’on essaie un peu de les manipuler, ne présentent pas de bourgeons et de feuilles le printemps passé, et leurs écorces peuvent prendre une couleur terne inhabituelle.
Toutefois, il est possible que même si l’arbre semble mort, des nouveaux rejets se forment, il est préférable d’attendre un peu avant de déclarer l’heure du décès.
Si l’arbre est vraiment mort, il est possible de replanter un nouveau sujet, qui reprend les paramètres de celui qui était initialement installé (haut jet, bourrage, fruitier etc.)
Lorsque qu’un arbre ou arbuste est volumineux et qu’il peut nuire aux développements d’autres arbres, que l’on souhaite avoir un fruitier productif ou bien obtenir du bois de chauffage, il peut être judicieux de mener des tailles sur certains sujets.
Les tailles se font généralement en hiver, les arbres étant en dormance à cette période. Certaines essences préfèrent des coupes à des saisons plus douces, au printemps ou à l’automne comme les Prunus.
Les arbustes doivent être recépés dans les trois premières années (à 15 cm du sol)
On peut se munir d’un simple sécateur si l’on veut couper quelques branches, mais une scie courbe ou une tronçonneuse peuvent être utiles si l’on souhaite faire des tailles plus sévères ou recéper complétement un arbre.
Chaque outil de coupe doit être minutieusement nettoyé avant et après la taille d’un arbre avec de l’alcool à brûler et un chiffon. Cet entretien prévient la transmission de maladies et pathogènes pouvant être fatales pour les plants.
Pour couper une branche, il est préférable de faire la taille proche du tronc ou juste après une ramification de la branche et de faire une coupe nette en biais pour permettre une bonne cicatrisation et l’écoulement de l’eau.
Pour les tailles spécifiques des fruitiers des livres spécialiser existes.
Voici un lien vers un guide de taille des arbres et arbustes.
Réaliser une trogne consiste à étêter un jeune arbre dont la circonférence du tronc permet à notre pouce et notre annulaire de se rejoindre (soit environ 10cm de diamètre) et de le couper à 1m ou 2 m de hauteur.

Cette action se réalise durant l’hiver, avec une scie courbe ou une tronçonneuse bien désinfectée et un sécateur.
Il faut premièrement tailler toutes les branches ayant poussées sur le pourtour du tronc. Ensuite, faire une taille nette horizontale à la tronçonneuse ou la scie à la hauteur voulue (entre 1 et 2 mètres). Cette taille réalisée, votre arbre est trogné et donnera de nouveaux rejets dès le printemps prochain.
Quand l’arbre repousse il faut enlever tous les bourgeons ou branches sur le tronc et ne garder que les repousses sur les 20 cm les plus hauts.

Une fois que l’on décide de trogner un arbre, on passe un contrat avec ce dernier. Il faut alors venir tailler au plus tard tous les 9 ans les nouvelles branches qui auront poussées. Au fur et à mesure des tailles, la trogne se creusera et formera des cavités, ce qui ne signifie pas pour autant que l’arbre meurt.
Le produit des tailles peut servir comme bois de chauffage, fourrages pour le bétail ou même à faire du BRF.
Le paillage a normalement la vocation de conserver une humidité pour limiter l’arrosage. Toutefois, si l’été qui suit la plantation est particulièrement sec, n’hésitez pas à venir arroser au besoin.
En dehors du plan de gestion des trognes et cépées, si le propriétaire souhaite abattre un arbre, il est important qu’il en parle à l’association Danub’ en amont pour s’assurer de la pertinence de cette décision.
La paille limite les adventices qui lui font concurrence. De plus, elle préserve une humidité favorable aux jeunes plants. Il est donc important de pailler les arbres les deux années qui suivent la plantation. Passé ce délai, l’observation de la flore reste le meilleur moyen de savoir si l’arbre subit une réelle concurrence.
Pour des raisons différentes, un arbre peut ne pas pousser droit et pencher durant son développement. Plusieurs solutions sont alors possibles selon l’essence: l’arbre peut être recépé ou taillé pour lui permettre de reprendre une croissance verticale, cela peut être une solution. S’il est jeune et encore flexible, il peut être aussi redressé grâce à un support, un bout de bois avec une ficelle ou une ancienne chambre à air de vélo par exemple.
L’arbre est protégé si la protection est bien installée. Si les tuteurs sont mal fixés, que la poche s’est décalée par le vent ou pour toute autre raison qui fait que l’arbre est en péril, il est nécessaire de remettre correctement la poche. Si toutefois l’arbre est suffisamment grand (lorsqu’il sort raisonnablement de la poche), il est possible d’envisager la retirer. Pour les arbustes, les poches ne sont pas toujours nécessaires. La vigilance est plus importante pour les arbres de hauts jet ou les fruitiers.
Si vous avez un doute sur la façon de mettre une protection, vous pouvez vous référer à la video comment bien planter un arbre
Si on souhaite d‘un arbre fruitier qu’il produise de meilleurs fruits, il est possible de le greffer. Une greffe se fait avec un porte-greffe, c’est à dire le plant déjà en place, qui porte le système racinaire, et un greffon, une petite “branche” d’une variété fruitière appréciée, qui donnera par la suite les fruits voulus.
Il y a plusieurs manières de greffer, qui demandent un peu de technique et de théorie. Si un propriétaire de terrain souhaite voir certains de ses plants greffés, il peut demander conseil au Danub’.
-Si un entretien du terrain à la débrousailleuse est envisagé, il faut éviter de faucher trop près des plantations, afin de les préserver de toutes entailles accidentelles.
-Lors des premières années suivant une plantation, les jeunes arbres peuvent être vite submergés par la végétation environnante. Il faut alors veiller que les adventices (ronces, gaillets, liseron, orties) ne prennent pas le dessus et empêchent le bon développement de l’arbre. Le gaillet et le liseron peuvent envahir la poche à huitre et priver totalement l’arbre de lumière.
Avoir des adventices au pied des arbres n’est pas un problème une fois l’arbre a grandi, en revanche l’herbe est une grande concurrente pour les ressources en eau.
– En cas de sécheresse les premières années, il est conseillé d’arroser les jeunes plants au moins une fois par mois à raison de 5 litres d’eau par plant.
En addition, nous ne pouvons pas résister à vous communiquer ces bons gestes pour la biodiversité que vous pouvez conseiller au porteurs de projets ou appliquer sur votre propre terrain .
Si le branchage mort au sol de votre terrain ou les produits de taille de vos arbres/arbustes vous restent sur les bras et vous incommodent, il est possible de les valoriser en les empilant ensemble sur un endroit donné afin de créer une haie sèche. Cet aménagement constitue un véritable refuge et garde-manger pour de nombreux animaux, tout en se décomposant et nourrissant continuellement le sol grâce à une multitude de micro-organismes. Elle structure également le paysage en agissant comme brise vent ou en permettant la délimitation de parcelles.
oublier et laisser un coin de son terrain évoluer et s’exprimer librement constitue un excellent moyen pour favoriser la biodiversité locale. Il suffit de laisser la végétation se développer, et le tour est joué ! Si toutefois vous ne souhaitez pas voir votre terrain se transformer en roncier ou en zone de transition forestière, il est possible de venir faucher partiellement tous les 2 à 5 ans en veillant qu’il reste toujours des bandes hautes d’une année sur l’autre.
Tondre un terrain consiste à broyer en fins morceaux tout ce qui passe sous la tondeuse. Cette pratique n’est pas sans conséquences, broyant ainsi en grande partie la faune présente en plus de la flore. Les tontes très répétées que l’on retrouve sur certains jardins constituent ce qu’on appelle des “déserts biotiques”, la flore étant quasi-inexistante, et donc la faune également. Tondre de manière raisonnée en se créant des espaces de circulations ou de repos dans le jardin est totalement possible et permet une belle cohabitation avec la biodiversité du jardin.
La fauche quant à elle est une bonne alternative à la tonte, ne broyant pas les végétaux et permettant à la faune de s’échapper et de trouver refuge ailleurs. Il est d’ailleurs recommandé de laisser les produits de fauche au sol durant 2-3 jours pour laisser aux plus lents de temps de se déplacer. Le fauchage peut se faire en mars, là où la végétation commence à se réveiller, ou au début de l’automne, quand les cycles de reproductions sont pour beaucoup terminés. Il est important de ne pas tout faucher d’un coup et d’entretenir avec une gestion différenciée pour conserver des espaces propices à l’accueil du vivant. Faucher de l’intérieur vers l’extérieur est également une bonne pratique permettant à la faune de fuir plus facilement. Enfin, utiliser une faux pour les petits espaces ou une barre de coupe pour les grandes surfaces sont de bonnes alternatives à la débroussailleuse qui peut plus facilement causer des dégâts sur la faune.
Une mare présente des intérêts écologiques direct sur un milieu. En plus d’accueillir bon nombre d’espèces d’insectes et d’amphibiens reproductrices, d’être un point d’abreuvement pour oiseaux et mammifères et un habitat propice au développement de nombreuses plantes, elle agit comme zone tampon face aux ruissellements des eaux, prévient les inondations et offre une meilleure qualité de l’eau grâce aux plantes phyto-épuratrices qu’elle peut abriter.
Creuser une mare est un aménagement qui demande d’investir du temps et parfois de l’argent. La structure et texture du sol, la surface et l’emplacement souhaités, l’utilisation ou non d’outils mécanisés ou encore le choix du design et des différentes profondeurs voulues sont tant de paramètres à prendre en compte dans ce genre de projet. Il faut aussi prévoir d’entretenir sa mare, la végétation pouvant refermer le milieu sur lui-même ou la vase pouvant boucher le plan d’eau en s’accumulant via la décomposition des débris organiques. La curer durant la période hivernale et faucher les berges si nécessaire peuvent permettre de sauvegarder ces milieux uniques.
Ne pas abattre et/ou laisser au sol des arbres morts constituent un excellent moyen pour attirer et répondre aux attentes de nombreux organismes. Encore debout, un arbre mort ou périssant présente le lieu idéal pour les pics qui viendront creuser leurs loges. Ces loges serviront par la suite à d’autres oiseaux, mammifères et insectes. Aussi bien couché que debout, le bois mort offre a de nombreux insectes le gîte et le couvert. Des champignons, des bactéries et une multitude d’autre détritivores vont se développer sur ce support et le décomposer, permettant ainsi d’enrichir et d’alimenter la vie du sol en oligo-éléments.
construire un muret en pierres sèches, aménager une spirale avec des pierres ou bien tout simplement entasser des roches dans un coin du jardin sont plusieurs idées qui permettent aux reptiles, amphibiens, mammifères ou encore insectes de trouver refuge. Offrant de nombreux interstices, les pierres présentent également l’intérêt de capter la chaleur durant la journée et de la diffuser la nuit venue.
Des plantes comme des aromatiques pour une spirale ou des plantes des murailles pour les murets peuvent être placer pour embellir et attirer les pollinisateurs.
Pour compléter, nous vous recommandons chaleureusement cet excellent libre qui vous détaillera tous les gestes que nous pouvons faire au jardin pour accueillir et favoriser la biodiversité.