L’anthribe licheneux, dévoreur de champignons

Lors de la journée mensuelle du Jardinons ensemble, dimanche dernier à Mosles, un superbe insecte, découvert sous le bois d’un composteur, nous a stupéfait par la taille de ses mandibules et ses élytres bosselées.
Cet insecte, c’est l’anthribe licheneux (Platyrhinus resinosus), aussi appelé anthribe bois vermoulu. Ce coléoptère, pouvant mesurer jusqu’à 15 millimètres, est présent sur l’ensemble du territoire métropolitain, et dans presque l’ensemble du continent européen. L’espèce est observable toute l’année, avec tout de même un pic d’activité durant le printemps et l’été.
L’adjectif “licheneux” associé à cet insecte vient de ses couleurs plutôt ternes permettant un très bon camouflage lorsqu’il stationne sur l’écorce des arbres, évoquant ainsi un lichen quelconque.
L’anthribe licheneux est à l’état larvaire un insecte que l’on dit saproxylique, c’est à dire qu’il dépend du bois mort en décomposition pour réaliser son cycle larvaire, tout en participant également à la décomposition de ce bois. La larve reste dans le bois une à deux années, et son cycle étant fait, elle émerge de son enveloppe nymphale à la fin de l’été, où les adultes survivent jusqu’à l’année suivante. L’adulte se nourrit, tout comme la larve, du mycélium des champignons qu’il rencontre.
L’anthribe licheneux est donc fortement attaché au bois mort, habitat à part entière accueillant une très grande diversité d’organismes, se faisant malheureusement de plus en plus rare. Cette raréfaction se justifie par nos actions, avec notamment la fragmentation des territoires et l’entretien exagéré des parcelles végétalisées. Le bois mort est donc une ressource à préserver, et comme le dit si bien Vincent Munier “Il n’y a rien de plus vivant que le bois mort”.