Un crapaud à Mosles

Lors de notre plantation de framboisiers sur le terrain de Mosles mardi dernier, un timide crapaud a fait son apparition, entre deux trous creusés à la bêche. Il s’agit soit du crapaud commun (Bufo bufo) , soit du crapaud épineux (Bufo Spinosus), espèce longtemps considérée comme une sous-espèce du crapaud commun jusqu’en 2013, après qu’une étude phylogénétique* le classe comme espèce à part entière. Ces deux crapauds, partageant une frontière géographique perméable en France, coexistent sur le Calvados. La détermination de l’espèce se base sur des critères bien précis, rendant son identification compliquée. Ils partagent néanmoins des caractéristiques communes. Amphibiens essentiellement nocturnes, ils passent l’hiver au chaud dans un terrier délaissé, sous un tas de pierres ou bien encore sous du bois. Ils sortent de leurs cachettes dès février pour rejoindre des plans d’eau où la reproduction s’effectuera . Animaux aux régimes variés, ils s’attaquent à bon nombre d’invertébrés tels que les limaces, les chenilles ou bien encore les vers de terre.
Cela en fait de très bons auxiliaires de culture, pour peu qu’un plan d’eau se trouve proche de votre potager. Ils sont également connus pour leurs accouplements nommés amplexus formant des rassemblements de mâles se disputant avec frénésie les femelles présentes sur les sites de reproduction. Pourtant, ils souffrent de la raréfaction de ces sites et de la disparition progressive des zones humides, impactant la qualité de leurs reproductions et le brassage de leurs gènes.
Espèces jouissant d’un statut de protection au même titre que tous les amphibiens autochtones du pays, il est enfin nécessaire de sauvegarder ce vivant qui sublime notre paysage métropolitain et émerveille nos regards curieux.
* Une étude phylogénétique cherche à comprendre les liens de parenté entre les êtres vivants en reconstituant leur histoire évolutive à partir de caractères communs, souvent génétiques.