Le lampyre, l’insecte illuminé

Une belle découverte s’est faite mardi dernier à Mosles, sous une bûche vieillie par le temps. On y a trouvé un lampyre, aussi appelé ver luisant pour la femelle et la larve.
Ce coléoptère présente des caractéristiques particulières, tant dans sa morphologie que dans ses aptitudes. En effet, la larve de cet insecte évoluera différemment en fonction de son sexe. Si c’est un mâle, il prendra un tout autre aspect, acquerra 2 paires d’ailes et volettera à la recherche d’une femelle durant sa courte vie d’adulte. La femelle au contraire gardera le même aspect que la larve, restera aptère (dépourvu d’ailes), mais gagnera une faculté qui fait sa réputation si appréciée. Lors de la période de reproduction qui se passe en été, les femelles attirent les mâles grâce à leurs abdomens luminescents dressés dans la nuit, du haut d’un perchoir dégagé.
Ce spectacle bien connu de tous fait pourtant face, en plus des pesticides et de la perte d’habitat, à une
pollution lumineuse anthropique nuisant à la qualité de reproduction de ces insectes. Les
mâles, attirés par la luminosité, ne font pas la différence entre une femelle et un lampadaire,
et peuvent succomber d’épuisement sous la chaleur des lumières artificielles.
L’individu trouvé à Mosles est une larve. Elle restera en diapause* jusqu’au printemps, ou
elle se nourrira après son réveil de limaces et escargots qu’elle chassera durant la nuit,
ce qui en fait un auxiliaire de culture très intéressant. Les adultes quant à eux
ne se nourrissent pas, ou du moins très peu pour certaines espèces.
Les lampyres font face à une régression notable de leurs populations dû aux activités
humaines. Pour limiter cet impact, nous pouvons éviter les insecticides dans notre jardin et les lumières décoratives cassant l’obscurité de la nuit. Les lampyres nous le rendront avec leurs bals
nocturnes éclairant de leurs lumières nos yeux médusés.
*Diapause : La diapause est une suspension temporaire et génétiquement programmée de l’activité ou du développement chez certains organismes, notamment les insectes, en réponse à des conditions environnementales défavorables telles que l’hiver, la saison sèche ou une carence alimentaire.