GARDIEN(NE) DE FORÊT
Le Danub’, par sa mission de protection de l’environnement et de la biodiversité, et particulièrement dans son accompagnement des porteurs de projets de forêt-jardin, est signataire de plusieurs contrats d’Obligations Réelles Environnementales. Pour s’assurer du respect de ces contrats, des bénévoles volontaires peuvent devenir des gardiens de forêt. Vous trouverez ci-dessous les éléments à connaître pour devenir gardien(ne) de forêt. Vous trouverez aussi sur ce lien le guide de terrain du gardien(ne) de forêt.
La formation se déroule en deux temps :
- Une première journée de formation au terrain de Mosles
- Un temps de visite accompagné sur l’un des terrains sous ORE.
Des temps plus spécifiques seront aménagés, dans la durée, selon les besoins des futurs gardiens-nes, en fonction des compétences, des envies et des saisons.
- Premier temps de formation
Le premier temps de formation prend la forme d’une journée qui se déroule sur le terrain de l’association, à Mosles, rue du Moulin du Danu.
Déroulé de la journée
- Présentation des contrats ORE
- Définition du rôle des gardiens de forêt
- Visite du terrain / mise en situation
- Questions diverses
A la fin de cette première journée de formation, les gardien-ne-s sont capables de comprendre ce qu’est une ORE et pourquoi leur rôle est important, savoir quoi préparer/noter/observer, comment bien mener une visite annuelle, répondre aux questions les plus fréquentes et transmettre les pratiques d’entretien de base.
A l’issue de cette journée, le bénévole décide également s’il souhaite rejoindre l’aventure et s’engager. Si tel est le cas, il décide du terrain dont il souhaite avoir la garde partagée.
2. Deuxième temps de formation
Le deuxième temps de formation consiste en une visite de terrain sous contrat ORE en groupe.
Elle consiste en une mise en situation concrète et réelle de visite pour saisir les enjeux, se familiariser avec les outils et prendre ses marques avec le terrain dont il aura la garde.
A l’issue de ce temps de visite, un temps dédié aux échanges est pris entre les bénévoles pour aborder les incompréhensions/questions/remarques.
Si le nouveau gardien est équipé et en a l’envie, il peut rejoindre le groupe des gardiens via whatsapp. Aussi, il devient à présent libre de faire vivre cette communauté de gardien en proposant des temps de rencontres, des outils ressources.
Les Obligations Réelles Environnementales (ORE) sont un dispositif juridique français créé par la loi en faveur de la biodiversité. Elles ont été instaurées par la Loi pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages, adoptée en 2016 et portée par le ministère de l’environnement. Cette loi est créée dans un contexte où la biodiversité continue de décliner en France et dans le monde, où les politiques publiques seules ne suffisent pas à protéger les milieux naturels et du constat que de nombreux propriétaires privés souhaitent protéger leurs terrains mais ne disposent pas toujours d’outils adaptés. Les ORE existent donc pour permettre aux propriétaires de s’engager volontairement dans la protection de la nature sur leurs terrains.
Une ORE est un contrat volontaire, sous forme de contrat notarié, signé entre un propriétaire foncier (particulier, entreprise, collectivité) et une structure garante (association, fondation, collectivité, établissement public), en l’occurrence ici le Danub’.
Dans ce contrat, le propriétaire, accompagné par l’association, rédige des engagements en faveur de la biodiversité sur son terrain. Exemples : non artificialisation des sols, non abattage des arbres sans avis, non usage de pesticides ou intrants chimiques, conduite d’arbres en trognes. Il peut s’agir d’un contrat qui concerne l’ensemble du terrain, comme une partie seulement. Exemples : une mare, une haie.
L’objectif est de garantir dans le temps la vocation écologique du lieu. La spécificité des ORE est qu’elles sont attachées au terrain lui-même, et non à la personne qui le possède. Cela signifie que si le terrain est vendu ou transmis, les engagements continuent de s’appliquer.
L’idée est d’assurer une protection sur le long terme, parfois pour plusieurs décennies. En ce qui concerne le Danub’, l’association demande le plafond, à savoir 99 ans. Mais il peut arriver que le contrat court sur un plus court terme, selon le contexte.
En signant ce contrat, l’association a plusieurs missions : accompagner le propriétaire dans la mise en œuvre du projet et veiller au respect des engagements du contrat.
Pour cela, il est généralement prévu un suivi régulier du terrain, qui prend la forme d’une visite annuelle. Cette visite permet d’observer l’évolution du lieu, de vérifier que les engagements sont respectés et de conseiller ou échanger avec le propriétaire. Un appel téléphonique semestriel peut également être prévu au contrat.
Pour Danub’, le suivi des ORE repose en partie sur l’engagement de bénévoles que l’on appelle des gardiens de forêt, qui réalisent les visites annuelles des terrains afin de maintenir un lien vivant entre l’association, les propriétaires et les lieux protégés.
Consulter le PDF officiel du ministère de la transition écologique et solidaire
Types de contrats et exemples
Pour s’assurer que le travail de l’association ne soit pas vain, et s’assurer du véritable impact écologique de l’action, le Danub’ a fait le choix d’accompagner uniquement des projets signataires d’un contrat ORE. Pour ce faire, l’association a développé à ce jour deux profils de contrats pour répondre au mieux aux demandes des propriétaires.
- Le premier type de contrat concerne la préservation d’un milieu déjà existant. Il s’applique à des terrains présentant déjà un intérêt écologique ou une dynamique naturelle que le propriétaire souhaite préserver. Dans ce cas, le contrat vise surtout à garantir que certaines pratiques dommageables ne seront pas mises en œuvre et que les caractéristiques écologiques du lieu seront maintenues dans la durée. Les engagements portent alors principalement sur la protection de l’existant.
- Le second type de contrat vise l’accompagnement d’un projet global de forêt-jardin. Il concerne des terrains sur lesquels un projet de plantation est envisagé. Le contrat précise alors un certain nombre d’orientations et de pratiques favorables au développement du projet. Ce type de contrat est généralement plus détaillé, car il accompagne un projet en évolution et pose un cadre pour guider son développement dans le temps.
Pour illustrer ces propos, l’association propose de prendre connaissance de deux contrats (type 1 & 2) pour mieux comprendre le contenu de chacun.
Exemple de type 1 : contrat de protection sans plantation
Exemple de type 2 : contrat avec plantation
(Nous avons mis à votre disposition des parties de contrat, confidentialité oblige, seules les obligations réciproques changent de contrat en contrat).
Qu’est-ce qu’un gardien de forêt ?
Les gardiens de forêt sont des bénévoles qui participent au suivi des terrains engagés dans un contrat ORE. Leur rôle consiste à réaliser une visite annuelle sur les terrains afin de maintenir le lien entre l’association, les propriétaires et les lieux protégés et de s’assurer que le contrat demeure respecté.
Les gardiens de forêt ne sont pas des inspecteurs, des contrôleurs, des experts, des agents forestiers, des juges. Ils sont simplement des observateurs bienveillants, des relais de l’association, des personnes ressources, des témoins. Leur posture compte plus que les connaissances, même si les connaissances peuvent s’acquérir et compléter la fonction du gardien.
Sa mission
Le-la gardien-ne de forêt choisit un ou plusieurs terrains dont il sera le-la référent-e, conjointement avec un-e autre gardien-ne. Chaque terrain est donc gardé par deux bénévoles référents mais les visites restent ouvertes à toute personne désirant s’y investir. Les gardiens de forêt ont la possibilité de choisir le terrain en fonction de ses paramètres (intérêts personnels ou professionnels, localisation).
La mission principale des gardiens de forêt est de réaliser la visite annuelle pour observer et témoigner de l’évolution d’un terrain sous contrat ORE. Lors de la visite, il/elle prend connaissance de la manière dont le terrain évolue. Il/elle échange avec le propriétaire sur les pratiques mises en place et vérifie que les engagements prévus dans le contrat sont respectés. Cette visite permet également d’identifier d’éventuelles difficultés ou interrogations, afin que l’association puisse accompagner au mieux les propriétaires et qu’ils se sentent épaulés.
La visite annuelle est également l’occasion de partager des idées, des ressources ou des pistes d’amélioration. Le-la gardien-ne peut lors de ce temps d’échange encourager des pratiques favorables au vivant (selon les pratiques du Danub’ – voir Guide de terrain du gardien de forêt) ou orienter le propriétaire vers des ressources proposées par l’association (référence, livre).
Prendre connaissance du contrat, du terrain et du dossier en question
Le-la gardien-ne doit avoir connaissance du terrain. Il doit avoir lu, compris et questionné au besoin les termes du contrat ORE (avec l’aide du Danub’ si besoin). Il doit également avoir pris connaissance du plan d’implantation du terrain, et/ou du design s’il s’agit d’un projet de forêt-jardin. Quel que soit le type de contrat, il ne s’agit pas de connaître à l’avance chaque sujet planté mais d’avoir une vue d’ensemble sur les zones concernées par le contrat (ex: une haie, une zone fruitière, certains individus et/ou une zone concernée par la pratique de trogne). Le-la bénévole prend connaissance de l’ensemble du dossier, ainsi que des bilans des visites des années précédentes pour s’assurer du bon suivi.
Prendre un RDV avec le propriétaire
Le-la gardien-ne convient suffisamment à l’avance d’un rendez-vous avec le propriétaire du terrain et s’assure de la confirmation du lieu, heure et date du rendez-vous. Une fois la visite fixée, elle est annoncée sur le canal WhatsApp du Danub’ pour laisser la possibilité à ceux qui souhaiteraient venir d’informer de leur venue. L’association peut dédommager le-la gardien-ne des frais kilométriques que la visite occasionne s’il/elle en fait la demande.
Prévoir la durée de la visite
La durée de la visite dépend des personnes qui la mènent. Elle varie également de la taille du terrain et de la teneur du contrat. Généralement, une visite ne dure pas moins d’une heure. Si votre temps est compté, précisez-le à l’avance au propriétaire pour éviter de devoir partir avant d’avoir fini. Il en est de votre responsabilité d’être le maître du temps sur cette visite. A l’inverse, libre à vous d’aller plus loin si votre interlocuteur semble partant (poursuite d’échanges hors sujet du contrat, invitation à boire/manger quelque chose ensemble, etc.).
Préparer son matériel
Le-la gardien-ne amène ce présent dossier ainsi que celui concernant le terrain pour avoir un maximum de ressources au besoin. Il s’assure également d’avoir un exemplaire du questionnaire à remplir vierge (voir annexe 4). Une tenue adaptée est recommandée : gants de jardinage, bottes, vêtements de pluie ou de chantier qui ne craignent pas d’être salis ou abîmés, chapeau si grande chaleur etc. Les outils (que peut vous prêter l’association sur demande): un sécateur, une massette, des colsons, un morceau de chambre à air. Vous n’êtes pas là pour entretenir la forêt-jardin lors de cette visite, mais ces outils peuvent vous permettre de montrer certains gestes ou pratiques à un propriétaire qui est dans le besoin (ex: remettre une poche à huître et ses tuteurs, dégager un arbre)
Rencontre et présentation
Le-la gardien-ne peut engager une discussion informelle avec le propriétaire avant de lancer la visite. Cet échange est l’occasion de (re)présenter l’association, si le propriétaire ne la connaît pas. Il est l’occasion de relire ensemble les clauses du contrat, reprendre les points importants du dossier et de partir d’une base commune pour la visite en tant que telle.
Le déroulé de la visite
Le-la gardien-ne entame la visite sous forme de parcours sur le terrain et l’observe, accompagné du propriétaire (dans la mesure du possible).
Pour prendre note des observations, il/elle est guidé-e par un questionnaire (voir exemple) à remplir et peut également ajouter des notes libres qu’il joindra au dossier.
Ces documents écrits contribuent au suivi global des terrains sous contrat ORE et permet à l’association de rester informée de leur évolution. Aussi, grâce à ces documents de suivi, la mission peut être relayée à n’importe quel-le bénévole si le/la référent-e venait à partir/s’absenter.
Accompagné du plan et du contrat, le/la gardien-ne fait le tour du terrain et s’assure de vérifier chaque point important, clauses du contrat spécifique et de répondre aux questions préparées.
Attention: pendant la visite, les gardiens ne sont pas là pour entretenir la forêt-jardin mais bien pour observer l’entretien à faire/préconiser (exemple : vous pouvez apporter un sécateur pour montrer comment sauver les branches qui poussent dans les poches à huîtres mais vous le ne faites pas sur tous les sujets).
Voici quelques règles simples de posture à adopter pendant votre visite :
- Écouter le/la propriétaire et s’assurer d’avoir bien compris ce qu’il/elle nous dit
- Conseiller si l’on est en mesure de le faire
- Proposer/suggérer plutôt qu’imposer
- Reconnaître ses limites : « Je ne sais pas, je vais me renseigner auprès de l’association »
Transmettre les informations
Une fois la visite terminée, dans la semaine qui suit la visite idéalement, les gardiens transmettent les informations en redonnant le dossier du terrain complété à l’association.
A son tour, l’association fait suivre ce compte-rendu au propriétaire.
Pour synthétiser la mission et le déroulement d’une visite, nous pouvons dire que le rôle du gardien est de:
- Connaître le dossier du terrain dont il/elle est référent-e
- Observer l’évolution du lieu et le respect des engagements
- Échanger avec le propriétaire
- Conseiller si le propriétaire en a besoin et si le/la gardien-ne en est capable
- Transmettre ses observations à l’association afin de contribuer au suivi collectif des terrains.