Le navet qui cache la piéride

Le navet qui cache la piéride

Immobile sur sa feuille, l’air d’être cachée de tout danger, ses ailes jaunâtres traversées de nervures bordées de gris ont pourtant attiré nos regards lors de notre promenade botanique, curieux de savoir à quelle espèce nous avions affaire. Il s’agissait ici d’une piéride du navet, un papillon commun des débuts du printemps souvent confondu avec d’autres espèces de sa famille, les piéridés.

La piéride du navet (Pieris napi), dont l’aire de répartition englobe la France métropolitaine dans son entièreté, se développe chaque année sur 1 ou 4 générations en fonction des conditions climatiques et de l’altitude. Elle se laisse aisément observer par les temps ensoleillés, partageant son espace avec d’autres piérides, les plus communes en Normandie étant la piéride du chou et la piéride de la rave. Il faut alors être attentif pour cerner les détails morphologiques permettant de distinguer telle espèce d’une autre. Vous trouverez ici une fiche méthode pour différencier ces trois piérides entre elles.

Bien que leur nom vernaculaire laisse penser qu’elles raffolent des navets, les chenilles de cette espèce se nourrissent plutôt de Brassicacées sauvages comme l’alliaire officinale et la cardamine des prés. Cette erreur taxonomique la fait donc passer pour un nuisible au potager, comme l’est considérée la piéride du chou, alors qu’il s’agit d’un précieux pollinisateur pour nos jardins. Le nom de piéride du navet vient de Carl von Linné qui a décrit l’espèce pour la première fois en 1758, depuis cette nomination est restée, et plusieurs naturalistes proposent aujourd’hui d’autres noms vernaculaires comme “la piéride veinée-de-vert » ou bien “la piéride de l’alliaire”, des appellations visant à dédiaboliser ce papillon mal nommé.

La chenille de cette piéride est d’une couleur vert pomme, ses stigmates noirs (orifices respiratoires) étant cerclés de jaune. Son corps est hérissé de courtes soies fines et pigmenté de légères tâches noires. Elle passe tout son état larvaire à se nourrir et après une nymphose discrète, la chenille devient papillon au bout de 2-3 semaines. La piéride du navet passe d’ailleurs la période hivernale sous forme nymphale, c’est à dire au chaud dans sa chrysalide.

Tout comme les autres insectes, la piéride du navet et plus généralement les lépidoptères (papillons) connaissent un effondrement de leurs populations, les insectes volants ayant perdus 75% de leurs effectifs depuis 30 ans. Les causes sont multiples : l’utilisation de pesticides, la fragmentation des territoires et l’artificialisation des sols étant les principales.

Alors si vous avez un jardin et que vous souhaitez favoriser la venue des papillons, vous pouvez laisser des zones en libre évolution, planter des essences mellifères, espacer les temps de tonte et même privilégier le fauchage si possible. Toutes ces petites actions permettent aux papillons de trouver des plantes hôtes, de réaliser leurs cycles biologiques tranquillement et de nourrir les adultes en vue des périodes de reproduction.

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